Le 14 janvier dernier, certains d'entre vous ont pu me voir dans l'émission de Jean Luc DELARUE, toute une histoire.... Depuis je me sens différente...
Différente dans le sens où j'ai franchi l'interdit ultime : parler ouvertement, devant des millions de téléspectateurs à visage découvert et sans avoir honte. Bien sur que j'ai écrit un livre et que, grâce à cela, beaucoup de gens connaissaient déjà mon parcours. Mais là, j'ai eu le sentiment d'arriver enfin au sommet de mon défi personnel : celui de me construire en dépit de tout et de toutes les horreurs passées.
Aujourd'hui je me rends compte que je ne trouve plus les bons mots pour soulager ou pour aider comme je le voudrais d'autres victimes. Cela est sans doute dû à la distance que j'ai mis entre mon passé et moi... Peut être était-ce aussi parce que je pressentais cela que j'ai écrit, pour que les "mots justes" s'inscrivent à "jamais" dans un livre qui continuera à véhiculer un message auquel je crois toujours autant. Mais voilà, j'ai construit un barrage entre ce passé et moi, entre mes larmes d'hier et mes sourires d'aujourd'hui. C'est aussi pour cela que je suis heureuse d'avoir pu laisser mon témoignage dans un livre. J'ai essayé d'y décrire toutes ces douleurs qui ressemblent à celles de tant d'autres victimes d'inceste. Sachez aussi que ce livre n'aura pas eu d'autre but que celui-là, exister pour être utile. Tant de larmes, de temps et de souffrance m'auront été nécessaires pour trouver les "bons" mots que je ne voulais pas que tout cela reste vain.
Il y a une vie après l'inceste, la souffrance et le chaos! C'est cette vie que je veux vivre désormais "à pleine vie". On devient victime à cause d'un "autre" mais on peut décider de ne pas le rester grâce à sa soi et à l'amour que l'on finit par trouver. Après des années de souffrance (pour ne pas dire toute une vie), de solitude, de doutes et de mort affective, chaque petit bonheur que je découvre est une récompense de plus à ce combat auquel j'ai cru que je ne survivrais pas. Rien ne m'a été donné, j'ai du tout prendre, même le droit de vivre normalement! Rescapée, je souris à cette vie qui m'offre enfin le droit de rire, de vivre et d'apprendre tout ce que mon père a voulu me "violer". C'était aussi cela mon objectif, trouver ce bonheur qui m'était interdit. Alors je voulais que mon témoignage aille jusqu'au bout du bout : il y a une vie après l'inceste, il y a des choix à faire pour refuser la fatalité. Merci encore à tous ceux qui m'ont aidée à en arriver là, à tous ceux qui m'ont aimé quand je sentais la honte, à tous ceux qui m'ont permis de voir quand je ne voyais plus, à tous ceux qui m'ont aidé à croire quand je ne croyais plus, à tous ceux qui m'ont appris à me respecter comme être humain. Merci, merci et merci encore car rien, non rien, n'aurait pu être possible sans vous!
Différente dans le sens où j'ai franchi l'interdit ultime : parler ouvertement, devant des millions de téléspectateurs à visage découvert et sans avoir honte. Bien sur que j'ai écrit un livre et que, grâce à cela, beaucoup de gens connaissaient déjà mon parcours. Mais là, j'ai eu le sentiment d'arriver enfin au sommet de mon défi personnel : celui de me construire en dépit de tout et de toutes les horreurs passées.
Aujourd'hui je me rends compte que je ne trouve plus les bons mots pour soulager ou pour aider comme je le voudrais d'autres victimes. Cela est sans doute dû à la distance que j'ai mis entre mon passé et moi... Peut être était-ce aussi parce que je pressentais cela que j'ai écrit, pour que les "mots justes" s'inscrivent à "jamais" dans un livre qui continuera à véhiculer un message auquel je crois toujours autant. Mais voilà, j'ai construit un barrage entre ce passé et moi, entre mes larmes d'hier et mes sourires d'aujourd'hui. C'est aussi pour cela que je suis heureuse d'avoir pu laisser mon témoignage dans un livre. J'ai essayé d'y décrire toutes ces douleurs qui ressemblent à celles de tant d'autres victimes d'inceste. Sachez aussi que ce livre n'aura pas eu d'autre but que celui-là, exister pour être utile. Tant de larmes, de temps et de souffrance m'auront été nécessaires pour trouver les "bons" mots que je ne voulais pas que tout cela reste vain.
Il y a une vie après l'inceste, la souffrance et le chaos! C'est cette vie que je veux vivre désormais "à pleine vie". On devient victime à cause d'un "autre" mais on peut décider de ne pas le rester grâce à sa soi et à l'amour que l'on finit par trouver. Après des années de souffrance (pour ne pas dire toute une vie), de solitude, de doutes et de mort affective, chaque petit bonheur que je découvre est une récompense de plus à ce combat auquel j'ai cru que je ne survivrais pas. Rien ne m'a été donné, j'ai du tout prendre, même le droit de vivre normalement! Rescapée, je souris à cette vie qui m'offre enfin le droit de rire, de vivre et d'apprendre tout ce que mon père a voulu me "violer". C'était aussi cela mon objectif, trouver ce bonheur qui m'était interdit. Alors je voulais que mon témoignage aille jusqu'au bout du bout : il y a une vie après l'inceste, il y a des choix à faire pour refuser la fatalité. Merci encore à tous ceux qui m'ont aidée à en arriver là, à tous ceux qui m'ont aimé quand je sentais la honte, à tous ceux qui m'ont permis de voir quand je ne voyais plus, à tous ceux qui m'ont aidé à croire quand je ne croyais plus, à tous ceux qui m'ont appris à me respecter comme être humain. Merci, merci et merci encore car rien, non rien, n'aurait pu être possible sans vous!